• Concession

     combien d'heures vaincues, combien d'errances et de faux semblants, avant l'orée du vivant ?

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    me suis perdue je crois, soudain prostrée là dans la morne forêt contemporaine, dans le programme dont je découvre les prolixes galeries sous ma peau, dans le temps horloge qui m'ordonne et sagement me grise, je suis retournée en fait au lieu du crime stupide, consentante, jasant parmi les témoins animés - mais au fait qui est mort ? - 

    insensible enfin, délestée des vieilles dévorations, mais mes mains de noyée bouffies blanchies, j'étais satisfaite des nouvelles platitudes, de l'ennui retrouvé, je parcours des sylves d'affections apprises, des cimetières bruissant, mais la laine de verre sous l'épiderme, ne m'empêche pas de contempler les flambées couchées du soleil assaillant les vieilles cathédrales, ni de baiser parfois avec quelque conviction - pourquoi pas ? - je me berçais ainsi de mes épopées légendaires, les glorieuses luttes embaumées de naphtaline, je souris délassée stérile jusqu'au déni, jusqu'à l'ignorance même, j'entasse les jours en litanies religieuses, car la maligne obédience insiste à travers nos veines encombrées, se rendre à l'évidence populaire, mais les viscères disloquées puantes, je ne voyais plus personne, et ainsi voguais indolente dans de pâles complaisances, dans l'ordre des choses, je me souviens quelques fois, bégaie de vieilles amertumes au décours de la vie, tandis que le vent balaie peut-être les steppes abandonnées, tandis que les hommes s'estompent essouflés au pied des arbres - quoi, qu'est-ce que tu dis ? rien, je ne dis rien - je m'oubliais ainsi au bord des meurtrières, au gré d'une éternelle convalescence, caressant distraitement les canons polis les édredons, tenant la mort en respect, croyais-je. De ce visage méconnu amène, elle me veillait.

     

    hélène genet

     


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