• Le graphe du désir, une « cinétique signifiante »

    Lacan introduit dans le séminaire sur Les formations de l’inconscient le "graphe du désir." Cette figure est la première topologie complète, articulant entre eux l’ensemble des termes par lesquels le sujet est constitué comme effet du signifiant. Au départ, la construction du graphe s’appuie sur la structure du mot d’esprit. Au cours du séminaire suivant, Le désir et son interprétation, Lacan en reprend le montage en trois étapes. Toutes ces avancées aboutiront à la communication présentée en septembre 1960 : "Subversion du sujet et dialectique du désir". Par la suite, Lacan n’ajoutera plus rien à cette figure topologique, mais la reprendra de temps en temps, notamment dans le séminaire sur l’éthique de la psychanalyse, le transfert et l’identification.

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  • Quelques généralités sur la théorie des noeuds

    Lacan - Le noeud borroméen

       

    La branche des mathématiques qui s'intéresse à l'étude des formes produites par déformation, torsion, croisement et raboutage, c'est la topologie. Il s'agit pour elle de dégager les invariants permettant d'identifier l'isotopie ou l'hétérotopie de 2 formes dont les projections sur un plan peuvent être extrêmement variées (par exemple en topologie, le cercle, le carré et la boucle en 8 sont équivalents). Le développement de la théorie des noeuds qui a occupé le XXè siècle est lié à la physique quantique ; elle s'applique à la biologie moléculaire et à l'informatique.

     

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  • « Le désir de la mère (…) entraîne toujours des dégâts. Un grand crocodile dans la bouche duquel vous êtes — c’est ça la mère. On ne sait pas ce qui peut lui prendre tout d’un coup, de refermer son clapet. C’est ça, le désir de la mère. »

    J. Lacan, Sem. XVII, L’envers de la psychanalyse

    « Si nous ne sommes pas capables de nous apercevoir qu'il y a un certain degré, non pas archaïque à mettre quelque part au niveau de la naissance, mais structurel au niveau duquel les désirs sont à proprement parler fous, si pour nous le sujet n'inclut pas dans sa définition, dans son articulation première, la possibilité de la structure psychotique, alors nous ne serons jamais que des aliénistes. »

    J. Lacan, L'Identification, séance du 2 mai 1962

    « Notre expérience nous porte à en désigner la détermination principale dans la personnalité du père, toujours carente en quelque façon, absente, humiliée, divisée ou postiche. C’est cette carence qui, conformément à notre conception de l’Œdipe, vient à tarir l’élan instinctif comme à tarer la dialectique des sublimations. Marraines sinistres installées au berceau du névrosé, l’impuissance et l’utopie enferment son ambition, soit qu’il étouffe en lui les créations qu’attend le monde où il vient, soit que, dans l’objet qu’il propose à sa révolte, il méconnaisse son propre mouvement. »

    J. Lacan, « Les complexes familiaux dans la formation de l’individu », Autres Ecrits

       

    Le complexe d’Œdipe et ses déclinaisons structurales

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  • J. Lacan « La science et la vérité » (1965)

       

    J. Lacan « La science et la vérité », Leçon d’ouverture du Séminaire XIII, L’objet de la psychanalyse, 1965-66, in Ecrits VII

     

    "Qu'on dise reste oublié derrière ce qui se dit dans ce qui s'entend." (L'Etourdit)

    "De notre position de sujet, nous sommes toujours responsables. [...] L'erreur de bonne foi est de toute la plus impardonnable." (La Science et la vérité)

    "...tout ce qu’il y a à dire de la vérité, de la seule, à savoir qu’il n’y a pas de métalangage […], que nul langage ne saurait dire le vrai sur le vrai, puisque la vérité se fonde de ce qu’elle parle, et qu’elle n’a d’autre moyen pour le faire." (La Chose freudienne) 

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  •            Une épreuve de vérité                                        

    "L'ombre de l'objet est ainsi tombée sur le moi."

    En pleine guerre, alors que deux de ses fils sont sur le front et qu'il vient d'apprendre son cancer, Freud se penche sur le tableau de la mélancolie, reprenant les réflexions de Karl Abraham à partir de l'analyse du deuil.

    Dans ce court essai, Freud néglige l'enquête historique sur ce fameux trouble de l'humeur, autrefois rapporté à la bile noire, puis prenant, chez les romantiques, la forme du mal du siècle avant d'acquérir la densité existentielle du spleen. Freud y voit une pathologie qu'il rapporte aux névroses narcissiques ou aux dépressions obsessionnelles. Au XXè la mélancolie se répand sous le nom de dépression puis de trouble bi-polaire.

       

    Freud - Deuil et mélancolie (1915)

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