• Vanité

    Aujourd’hui tu me manques par endroits

    par vacance au gré des cycles désaffectés

    avec l’indécente intermittence des choses

    et ce n’est pas t’aimer toi délicat immobile

     

     

    Pourquoi faut-il que je t’écrive

    Pourquoi faut-il que je te mande

     

    D’où viennent ces distances obligées

    ce familier et lancinant silence paralytique

    dont je me fais l’écho à mon corps défendant

    Pourquoi faut-il t’éloigner le temps de t’aimer

     

    Pourquoi te faut-il m’attendre circulaire

    Pourquoi je t’aime encore et pour toujours

    et pourtant plus assez

    d’être si bon d’être si loin et de ne l’être pas

    de me combler et de me priver

    de ta violence-vouloir savamment contenus

    trésor interdit de notre amour recomposé

     

    Pourquoi faut-il que tu te taises

    patient fidèle aux portes de ma demeure

    exilé d’un royaume que je ne peux convoiter

    château de cartes au lieu de mes fantasmes

    où je m’abandonne en tes bras imaginaires

    et me rends à tes ordres supposés inavouables

    qui ne sont peut-être que les miens

     

    Pourquoi tant d’années entre nous

    tant de connivences et si peu de promesses

    tant d’émois partagés et si peu d’inquiétudes

    tant de distances faussement abolies

    d’autres vitales et pourtant méconnues

    Pourquoi nos chemins désarticulés

    le tien drapé de pudeur et le mien aux abois

     

    Pourquoi me faut-il t’aimer à l’écart

    inconstante et solitaire t’appeler à moi

    frayer les chemins de nos désirs menacés

    quel privilège que le mien ou quelle défaillance

    quel flegme que le tien ou quelle inconscience

    lasse de régner je dérive insensiblement

    par vacance au gré des cycles désaffectés

     


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