• Partition

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    nos distances conjuguées, au loin sur la mer déployée, dériveur oublieux, pupilles hagardes livrées au gré des vents vacillent

     

    je te perds peut-être, te vois encore, si incertain, à l'ouvrage absorbé emporté, la mer d'ardoise liquide ondoie lente et patiente, distances aériennes, incertaines, vaste partition silencieuse

     

    alors je m'assieds inutile langueur, vacante, sur les sables dociles, tu dérives marin, ma main abandonnée, le temps dévidé au cours des mots perdus, lumière étamée étale, toutes choses égales

     

    il semble que rien, rien ne bouge, au-delà de l'histoire, la fin déjà dissoute, ou peut-être interdite, et maintenant les heures se perdent maritimes, l'air est si frais, si sonore, minéral

     

    inestimable lointain, mon amour égaré, qui sertit ton absence, navigue en fuite probable, désarrimé sur les flots fidèles et indifférents qui me débordent de leurs chatoiements métalliques

     

    nos distances conjuguées, je t'ai laissé t'éloigner, tu ne le voulais pas peut-être, à cause des charmes du large, de la majesté océanique qui me traverse et nous renverse et te séduit enfin... souvenir des sirènes 

     

    alors je me suis recroquevillée

                            en coquillage oublié

     

     

    Hélène Genet


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